Aldorus Berthier

Rédacteur culturel sci-fi friendly

On me dit à l’oreillette qu’existe un film post-apocalyptique du nom d’Apocalypse 2024. Voyons, en quelle année sommes-nous… 2024 ? VITE, TOUS À COUVERT ! Bon sang de bonsoir, à quel degré évaluer nos chances de survie ?

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Apocalypse 2024 : la fin du monde a-t-elle eu lieu ?

On me dit à l’oreillette qu’existe un film post-apocalyptique du nom d’Apocalypse 2024. Voyons, en quelle année sommes-nous… 2024 ? VITE, TOUS À COUVERT ! L. Q. Jones y dépeint une humanité réduite à la folie et la barbarie primaire à la suite d’un conflit nucléaire ; c’est le pitch de beaucoup de films sortis dans les années 1970 dans son genre, mais là on est en 2024 ! Bon sang de bonsoir, à quel degré évaluer nos chances de survie ?

Niveau comportement humain pour commencer, il faut dire que la plupart des artisans du post-apo nous ont plutôt habitué aux mêmes modèles. C ne sont pas Barjavel (Ravage, 1944) ou Walter M. Miller Jr (Un cantique pour Leibowitz, 1959) qui nous diront le contraire : privé de l’essence même de sa modernité, l’homme ne peut que régresser à l’état sauvage. Tribalité, culture et structures en ruines, chasse aux boîtes de conserve mystère et – à défaut – aux bestioles pleines de barbaque, parfois même un peu d’obscurantisme religieux en prime. Vic, le protagoniste d’Apocalypse 2024, le confirme très bien : il ne vit que pour survivre. Et cela se synthétise très simplement en deux principes fondamentaux : nourriture et sexe. Dans un paradigme sociétal ultra-sexiste où la femme se voit réifiée en bout de viande à la merci de la loi du plus fort, dans le monde d’en haut (sauvage) comme celui d’en bas (civilisé, paraît-il). Prémonitoire à 2024, avez-vous dit ?

On en est pourtant bien loin. La preuve : on ne trouve même pas la Troisième Guerre mondiale tant redoutée par les auteurs de post-apo à l’origine du cataclysme du film, non ; celle-ci a bel et bien déjà eu lieu, de juin 1950 à mars 1953. C’est Prof, le chien qui a toujours raison, qui peut nous le confirmer ; ça ne peut pas être la guerre de Corée, qui s’est tenue (exactement) sur la même période… Mais bel et bien la Quatrième, celle qui a duré cinq jours, en 2017 ! De quoi oublier la publication par l’EPA (Agence américaine de la protection de l’environnement, oui oui, la même que celle des Simpson, le film) du Protective Action Guides and Planning Guidance for Radiological Incidents en janvier de la même année – pure coïncidence ! – ? Bien évidemment. Et les neuf jours calculés par la simulation de guerre nucléaire proposée par la chaîne YouTube The Flare en avril 2023 ? Bien davantage. Pure spéculation, vous dis-je !

Inutile, non plus, de se raccrocher à ces histoires de monde d’en bas, évidemment supérieure au monde d’en haut (on notera quand même la belle inversion tropique). A savoir la ville souterraine de Topeka, sa pseudo-civilisation à la justice expéditive, ses habitants distingués, fardés, fringués à la mode belle-époque lascive, aux divertissements malsains, motivés par la « croisade par laquelle nous referons ce monde de péché à l’image de Dieu ». Parce que, encore une fois, quel être humain normalement constitué se refuserait un peu de confort pour échapper au cannibalisme et à la violence de l’extérieur ? Sexisme, scénario nucléaire, conflit de classes, société du spectacle… Q. L. Jones en fait des caisses, voilà tout ! Eh, apercevez-vous le moindre désert à l’horizon, alors qu’à peine plus d’un mois ne sépare la date de publication de cet article de la deadline fatidique ?

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